mardi 25 novembre 2003

J’ai perdu mes illusions sur l’amitié. Ca fait longtemps que je n’y crois plus, et j’abhorre les promesses d’éternité ; lorsqu’elles sont de moi je me déteste de tenir des propos aussi hypocrite. Je pense que chaque homme a la faculté de détruire, notamment ce qu’il a construit. Que l’amitié est une trop belle idée pour l’imperfection humaine. Que chaque amitié est un lien qui menace de rompre à chaque entaille, et qui ne saurait y résister longtemps. En vérité, la vie est pour moi une cruelle deception, et je la regarde à présent d’un air sceptique. Mes souvenirs sont chargés d’amertume, et je me méfie quant à l’avenir.

Mes mots et mes pensées sont une sorte de blindage contre le désenchentement. J’ai écrit dans le passé que l’amitié n’etait pas à remettre en cause ; ce sont les amis qui en font douter. Je n’attend plus rien ni de l’une, ni des autres. Ainsi, j’encaisse chaque faille fragilisant une amitié, chaque preuve de la faiblesse de ces liens, j’y suis préparé et ce n’est plus une deception, juste un rappel à la réalité. Cette philosophie de la vie m’apporte des surprises ; lorsque je m’apercois qu’un ami m’apporte joie ou réconfort, j’en suis étonnée et d’autant plus heureuse.



Il a été dit que lorsque j’allais mal, la meilleure chose à faire était de me laisser tranquille, que c’était seule que je gerais mon spleen. Qu’on me laisse en paix, c’est tout ce que je demande dans ces moments là. Et si j’ai besoin de vous, je vous appelle. Cela devrait etre une clause dans mon contrat-amitié. Des mains se tendent et je leur tourne le dos, préférant prendre par l’échelle. Pourtant ta main est toujours tendue ; je la regarde, ne l’attrape pas mais te savoir en haut du gouffre m’encourage à remonter.

À vrai dire, je ne fais pas toujours signe en cas de besoin, et je me demande comment tu fais pour répondre à mes appels muets. Je n’ai pas besoin d’aide, mais j’ai besoin de savoir que quelqu’un est là pour m’aider. Et, par de simples mots, envoyés lorsque je les attends, tu me rassures.



J’ai parlé de failles, d’entailles, et il m’arrive de douter que cela ai existé entre nous. Je ne m’attarde pas à explorer le passé à leur recherche, de crainte de me détromper. Tout n’a pas été parfait et elles ont bien dû exister, mais aucune blessure n’a laissé de cicatrice. Il ya longtemps, je t’ai écrit dans un poème que tu avais déçu mon idéal. Les écrits restent, mais ces mots se sont vidés de leur sens et n’exprime plus rien pour moi. Au contraire, tu es la preuve que mon idéal d’amitié peut etre accessible.

Je ne sais si l’ambiguité qui marque notre relation la fragilise ou la renforce, si je dois la regretter. Mais je ne peux regretter ce dont je ne suis pas coupable, ne peux blâmer ce qui n’est que faiblesse (ou force…) humaine. J’en suis arrivé à la conclusion que notre amitié oscille toujours un peu vers l’amour mais ne vacille jamais.

Je terminerais bien avec une note d’espoir sur son immortalité, mais ce que j’ai écrit plus haut ne me le permet pas… Et pourtant, tu es une amie que j’adore et que j’affectionne plus que tout, et si je crois en une chose, c’est que notre amitié peut durer.

Je te remercie pour tout ce que tu es et ce que tu représente pour moi.

samedi 2 août 2003

Un diablotin et un ange
Se sont emparés de moi
Tous deux chantent tes louanges
Mais lorsque je te voie
L’un me dit de te parler
L’autre m’incite à te toucher
J’écoute souvent l’angelot
Qui t’aime mais pas trop
Alors le diablotin tire
Des flèches dans mon cœur
Il t’aime et te désir
Le fait savoir dans la douleur
Je calme son ardeur
L’ange sort vainqueur
Mais le diablotin revient
Il est toujours plus fort
L’ange me soutient
Mais je souffre encore
Quelque soit le gagnant
Mon cœur sort toujours perdant…

dimanche 13 juillet 2003

Ma définition de la confiance ne ressemble pas à celle qu’on connaît en règle général. Pour la majorité des personnes, la confiance s’acquière au fil du temps entre deux personnes qui se respectent mutuellement ; ma confiance, je la donne d’emblée au gens que j’estime, comme un cadeau de bienvenue dans ma vie. La confiance est indissociable de l’amitié ; c’est son fondement, un pilier qui, s’il est détruit, la fait tomber. Pour moi, une amitié naît quand la confiance est mutuelle. Mais si un ami trahi ma confiance, je peux lui laisser une chance et souvent, j’estime que c’est de ma faute si un de mes secret est devenue d’utilité publique (« Comment prétendons-nous qu’un autre garde notre secret si nous ne pouvons le garder nous-mêmes ? » La Rochefoucault). J’ajouterais que ce n’est pas parce que j’accorde ma confiance à quelqu'un que je peux librement me confier à lui ; il faut plus qu’une personne digne de confiance pour recevoir mes confidences.

dimanche 6 juillet 2003

Boulogne, le 6 juillet 2003


De retour de Prague, j’ai voulu faire le point sur les conclusions que j’avais tiré de mes réflexions à ton sujet – j’ai passé cinq jours de route où je ne pouvais que réfléchir et contempler le paysage qui défilait – et me suis vite rendu compte que je n’avais levé le voile sur aucun doute. J’ai pourtant approfondi toutes les questions, mais sans jamais trouvé une seule réponse.

En fait, il y a plusieurs réponses ; tout d’abord, celle qui est logique : celle à laquelle on aboutit en considérant toutes choses de manières objectives – mais elles ne conviennent pas pour tout ce qui concerne les relations humaines et donc ne me sont d’aucunes aides - ; ensuite celles trouvé dans l’absolue : je n’ai cherché là que les cotés positifs, ou que les cotés négatifs – par conséquent, j’ai une réponse totalement positive et l’autre tout aussi négative, ce qui ne m’avance guère ; enfin celle qui prend en compte toute la complexité de ma personne et de notre relation.

C’est cette réponse qui m’intéresse, mais pour la trouver, il faudrait déjà que je me connaisse assez, et que ma vision de nous deux corresponde à la réalité, ou à ta vérité, ce qui n’est même pas sure.



L’une des premières caractéristiques que je me suis trouvé est que je suis souvent indécise, et donc que cet exercice auquel je me prête – décider, justement, de mon avenir – m’est d’autant plus difficile. Ensuite, je suis lunatique et par conséquent, toute opinion que je fonde, toute décision que je prends risquent d’être bouleversé sous peu par un changement d’humeur. L’un des exemples les plus probant de cela est ma relation passée avec D. mais je ne reviendrais pas dessus, tu connais déjà cette histoire.



Depuis le début de cette lettre, je n’ai pas vraiment parlé des questions que je me suis posé. Par pudeur, pour ne pas les énoncer, mais cette lettre ne pourrait avancer sans cela ; je ne veux pas l’écrire en sous-entendus. Toutes les questions découlent d’une seule, la seule qui nécessite une réponse : voudrais-je sortir avec toi ?

C’est paradoxal, car la question qui se pose normalement est : voudrait-on sortir ensemble ? C’est une double interrogation, à laquelle on ne peut répondre qu’à deux. Seulement je ne peux que présumer ta réponse ; on ne s’est jamais vraiment parlé à cœur ouvert (d’ailleurs sinon cette lettre n’aurait pas raison d’être) mais on se comprend – lorsqu’on se comprend - dans des sous-entendus et des non-dits. Pour avancer dans ma réflexion, je suppose que tu répondrais « oui » et - pour ne pas trop m’avancer - tu rajouterais un « peut-être ».

Je reviens à ma question première ; elle soulève d’autre interrogations : qu’est ce que j’éprouve pour toi ? Quel est le sens que je donne à cette relation ? Suis-je prête à m’investir dedans ? Que deviendra notre amitié ? Et d’autres encore. Chacune de ces questions en apporte d’autres, suggère un retour sur le passé, demande un approfondissement…

Tu comprendras que je ne peux traiter ici l’ensemble du sujet.

Même si j’avais le temps, le courage et l’inspiration pour aborder chaque question, cela n’aurait guère d’utilité puisque j’ai balayé toutes mes conclusions pour au final la réponse opposé à celle qu’elles me dictaient.



J’ai pensé qu’il valait mieux en rester là, c’est-à-dire à notre amitié.

Cela sonne comme une conclusion, et pourtant cela est le prélude de l’explication que je tiens à donner, autant pour toi que pour réussir à exprimer et donc à m’avouer ce qui me pousse à ce choix.



Auparavant c’était mon instinct qui me guidait ; à présent j’ai voulu réfléchir chacune de mes actions mais je me suis aperçue que ce que la raison me soufflait allait souvent à l’encontre de mon instinct. Comprendre pourquoi, c’est résoudre un des mystères de ma personne, c’est me comprendre moi même. Je crois que j’y suis plus ou moins parvenue, et le résultat n’est pas flatteur.



Je parlais de l’instinct : celui qui règne en moi et l’instinct de conservation qui me gouverne par la peur. Je sais, j’utilise à présent souvent ce mot, et pourtant je ne me crois pas d’une nature anxieuse. Pour expliquer mon raisonnement, je citerais Franz Kafka : « La peur que je ressens pour moi-même est ici beaucoup plus importante. […] Il est toutefois de mon devoir, je dirais même qu’ici réside le sens de ma vie, de veiller sur elles, d’écarter d’elles tous les dangers que je peux écarter, voire même l’éventualité d’un tel danger. Le mariage porte en lui l’éventualité d’un tel danger, mais aussi, il est vrai, l’éventualité de la plus grande émulation, mais il me suffit qu’il puisse représenter un danger. Que pourrais-je alors faire s’il s’avérait être un danger ! Comment pourrais-je continuer à vivre au sein d’un couple avec ce sentiment de danger aussi impossible à prouver qu’à réfuter ! J’avoue ici ne savoir que penser, mais l’issue est certaine : je dois renoncer. » [Lettre au Père]
ce n’est pas vraiment le même contexte, mais il exprime ici toute l’absurdité de ce choix et la raison qui le pousse.

Ce texte m’avait frappé par sa ressemblance avec mon propre état d’esprit ; puis j’ai fait le rapprochement avec nombre de décisions que j’ai du prendre dans la vie, notamment celle que traite cette lettre.

Le danger, je ne pourrais le préciser ; ce qu’il menace, je n’en suis pas même sure. . Je redoute sûrement un bouleversement dans ma vie, dans mes relations, et par dessus tout dans notre amitié. J’ai mis du temps à la découvrir, à réaliser son ampleur et l’importance qu’elle prenait pour moi – et pour toi également - ; depuis que j’en ai conscience, je crains tout ce qui pourrait l’anéantir.

Il y a aussi d’autres formes de dangers beaucoup plus subtiles dont la réalisation est peu probable mais qui font partie de mes angoisses – tel celles des enfants qui se terrifient du noir propice à l’arrivée de créatures fantastiques et cruelles - .



Faire un choix, c’est d’abord apprendre à refuser. Pour moi, c’est refuser l’opportunité de voir mes rêves se concrétiser dans la réalité ; mais vouloir réaliser mes rêves signifie accepter l’éventualité qu’ils se brisent. Je préfère alors vivre dans mon imaginaire, et penser que la réalité pourrait être belle, plutôt que d’encourir le risque d’être déçu par la vie et de devoir abandonner mes rêves pour avoir voulu les concrétiser.



Cette lettre n’avait pas pour objet de répondre à une question – que tu ne m’as d’ailleurs jamais vraiment posé – mais plutôt de donner une explication. Celle ci est incomplète ; certains sujets n’ont pas été abordés, quelques points n’ont pas été éclaircis, d’autres méritent d’être approfondis… J’aurais pu continuer longtemps et développer le thème ici traité, et toutes ses ramifications, à l’infini. Je ne peux aller plus loin dans mon analyse personnelle : ce fut un exercice difficile de comprendre pourquoi je réagissais ainsi – réactions qui tenaient de l’instinct et donc du subconscient - ; quant à expliquer comment, cela ne serait possible sans toucher quelques sujets trop sensibles, ou détailler ma prime enfance. Mais l’essentiel est là.



Je suis versatile, je l’ai déjà dit précédemment. Ce trait de caractère fait que j’ai longuement douté de l’avenir de cette lettre. La mettre entre tes mains serait compromettre toute mes chances de pouvoir un jour changer d’avis – et de réaliser mes rêves ! car si je n’ai plus le choix, si je n’ai plus la possibilité de les réaliser, alors ils n’ont plus raison d’être et seront brisé sans même avoir pris forme -. Pourtant, si un jour je voulais sortir de mon imaginaire pour agir, alors cette lettre réduit tous mes espoirs à néant. Comprend ceci : ce qui est écrit ici est valable pour hier et aujourd’hui. Je ne peut prévoir ce que je penserais ni serais demain.

Au fond, je n’aime guère refuser, et ainsi je me laisse toutes les portes ouvertes pour l’avenir. Mais tu as toujours la possibilité de les fermer…

jeudi 27 mars 2003

Je l'ai trop aimé pour ne point la haïr
Et puisqu'elle me laisse ainsi souffrir
En moi l'amour et la haine s'enchainent
Aux courtes joies succèdent grandes peines
Elle habite mes rêves et mes cauchemars
Mes plus belles pensées et mes idées noires
Je l'adore et la deteste en mem temps
Et ces deux sentiments sont trop violents
Ils causent des ravages dans mon coeur
Qui passe d'un extreme à l'autre et pleure
Des larmes de bonheur et de rage qui expriment
La confusion des émotions qui m'animent
Pour l'oublier j'ai tenté magie et sciences occultes
Je me suis meme convertie aux anciens cultes
J'ai prié tout les dieux et aussi Belzébuth
Mais toujours à leurs silence je me butte
J'ai compris que les formules n'y changeront rien
C'est elle qui détient mon âme et mon destin
Mais alors que cette passion me tourmente
Je l'accuse de se moquer et rester indifférente
Et si elle n'est pas coupable je reste victime
Elle fait saigner mon coeur et c'est un crime.